Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 avril 2015

Carnet / Des mondes emboîtés

La bise qui a rincé le ciel depuis le soir de Pâques est tombée. Malgré le grand soleil qui entre partout dans la maison et la chauffe toute la journée, on ne peut pas encore se passer d’une flambée au crépuscule. J’ai grignoté du chocolat et fumé des cigares une bonne partie de l’après-midi sans écrire une ligne.

L’idée que nous ne vivons pas dans un univers homogène mais dans plusieurs mondes emboîtés les uns dans les autres me fatigue au lieu de m'inspirer.

Autour du petit mont derrière chez moi, des couples de buses variables chassent en vol stationnaire puis s’élancent au-dessus des grands frênes aux troncs nus et moirés.

L'autre jour dans la grande prairie en contrebas de la maison, alors qu'il faisait encore gris, des chevreuils se sont approchés. Malgré la distance, la chatte Linette les a repérés, oreilles dressées et regard inquiet.

bise,pâques,chocolat,cigare,monde,univers,animaux,buse,chevreuil,chat,buse variable,renard,oyonnax,bourg en bresse,lyon,ain,rhône,jura,rhône alpes,bugey,haut bugey,sir william walton,the quest,cd chandos,musique anglaise,compositeur britannique,conquête,john irving,le monde selon garp,littérature,roman,écrivain,romancier,best seller,sentiment,campagne,haie,sport,lutte,blog littéraire de christian cottet-emard,carnet,note,journal,autobiographie,prairie journal,christian cottet-emard,insomnie

Rapide descente à Oyonnax pour quelques courses peu fructueuses alors que je sais très bien qu’il me faut désormais aller à Bourg ou à Lyon pour effectuer des achats qui n’ont rien d’extraordinaire tant le choix se restreint localement.

Plus cette bourgade affiche son avidité de reconnaissance médiatique, plus elle s’enfonce inexorablement dans le déclin et la perte d’identité. Le seul moment de la journée où ce voile se dissipe un peu et où la ville tente de revivre normalement est la matinée.

Avant midi, j’ai pris un moment pour écouter The Quest (La Conquête), un ballet de Sir William Walton, mais je n’ai pas encore assez mémorisé l’enregistrement récemment acquis de cette œuvre pour pouvoir me la rejouer en pensée ainsi que j’en ai l’habitude pour toute nouvelle musique découverte.

En fin de soirée à la télévision, documentaire lourdement anecdotique sur John Irving, un écrivain que j’ai peu lu (juste un recueil de nouvelles qui ne m’a laissé aucun souvenir). Après avoir vu le film tiré de son livre le plus connu, Le Monde selon Garp, j’ai essayé de lire le roman mais il m’est tombé des mains à cause de sa profusion.

Quant au documentaire, on y voit un Irving cabotin, pathétique lorsqu’il se met en scène en suant sous l’effort du saut à la corde et du jogging d’appartement, et, cerise sur le gâteau, lorsqu’il insiste sur sa pratique de la lutte, un des sports les plus répugnants à regarder que je connaisse.

Encore debout après 2h du matin et pas vraiment envie d’aller me coucher. Par la fenêtre, je viens de voir le renard se faufiler le long de la haie. Quelle perception du monde tous ces animaux qui vivent autour de la maison peuvent-ils bien avoir ? Ont-ils des sentiments ? Et s’ils n’en ont pas ou peu, comme je les envie, parfois.  

31 juillet 2014

Carnet / Truphémus à Saint-Claude et, toujours, le dîner au lac Genin.

jacques truphémus,tous les blancs possibles,musée de l'abbaye,saint claude,jura,peinture,donations bardone genis,blog littéraire de christian cottet-emard,arts plastiques,truphémus,revue grandes largeurs,littérature,mer du nord,ostende,coccyde,belgique,lac genin,auberge du lac genin,haut bugey,ain,charix,rhône alpes,france,juillet pourri,été pourri,pluie,grisaille,météo,crocus,colchique,lancer de cochonou,tour de france cycliste,sport,vélo,nuisanceJ’ai bravé le cafard que m’inspire Saint-Claude pour visiter l’exposition Truphémus au musée de l’Abbaye. Une fois à l’intérieur de ce musée récent qui vaut le déplacement, on arrive à oublier la ville.

Je n’ai jamais été un grand amateur de l’œuvre de Jacques Truphémus mais il eût été dommage de ne pas profiter de la proximité de l’exposition à vingt kilomètres de chez moi pour essayer, sinon de changer complètement d’opinion, au moins de porter un regard différent sur le flou et les tonalités blafardes qui caractérisent une part de sa manière.

Il est vrai que j’étais resté sur mon impression désagréable des années 80 et sur le souvenir d’une couverture de la revue littéraire Grandes Largeurs reproduisant un intérieur de ces cafés enfumés et chichement éclairés qui constituent l’un des thèmes récurrents de Truphémus.

jacques truphémus,tous les blancs possibles,musée de l'abbaye,saint claude,jura,peinture,donations bardone genis,blog littéraire de christian cottet-emard,arts plastiques,truphémus,revue grandes largeurs,littérature,mer du nord,ostende,coccyde,belgique,lac genin,auberge du lac genin,haut bugey,ain,charix,rhône alpes,france,juillet pourri,été pourri,pluie,grisaille,météo,crocus,colchique,lancer de cochonou,tour de france cycliste,sport,vélo,nuisance

Bizarrement, ce sont deux de ces intérieurs de cafés, l’un avec la silhouette d’un homme en pardessus au comptoir et l’autre avec la silhouette de la serveuse, qui ont retenu mon attention à Saint-Claude. Mais j’ai surtout apprécié le regain de la couleur dans les toiles récentes de cet artiste qui porte avec une robuste prestance et une incroyable sérénité ses quatre-vingt-douze printemps !

jacques truphémus,tous les blancs possibles,musée de l'abbaye,saint claude,jura,peinture,donations bardone genis,blog littéraire de christian cottet-emard,arts plastiques,truphémus,revue grandes largeurs,littérature,mer du nord,ostende,coccyde,belgique,lac genin,auberge du lac genin,haut bugey,ain,charix,rhône alpes,france,juillet pourri,été pourri,pluie,grisaille,météo,crocus,colchique,lancer de cochonou,tour de france cycliste,sport,vélo,nuisance

J’ai eu aussi la bonne idée de regarder le film dans lequel il parle longuement de sa vie et de son rapport à la fois simple et presque ingénu à l’art en partageant ma visite en deux séquences distinctes, la première d’après ma seule approche, la seconde après avoir vu et écouté cet homme dont je ne connaissais ni la voix ni le visage. L’exposition présente d’ailleurs un autoportrait de 2002 qui a retenu un assez long moment mon regard.

Ma perception de la peinture de Truphémus a certes évolué grâce à cette exposition mais mon aversion pour sa vision « cartonnée » des plages de la mer du nord demeure. Peut-être est-ce dû au fait que mon premier éblouissement maritime d’enfant fut, un jour de grand soleil, celui de la lumière d’Ostende ou de Coccyde.

Mardi soir, dîner à l’auberge du lac Genin, le seul endroit de la région où, depuis plus de quarante ans que je m’y attable, je trouve encore de la poésie au mauvais temps. Comme d’habitude, accueil adorable et moment chaleureux d’une délicieuse simplicité.

Je n’ai pas vu un tel mois de juillet depuis les années 80, sous l’eau et dans le brouillard excepté le jour où je me suis enfermé chez moi pour ne pas assister au lancer de Cochonou *. Mon épouse et moi avons la possibilité de partir en vacances hors saison mais je plains ceux qui comptaient sur deux ou trois courtes semaines pour vivre un peu et qui sont déjà obligés de reprendre le collier. Cette année, nous risquons fort de réaliser sans été la jonction entre le temps des crocus et celui des colchiques.

* Passage du tour de France cycliste à côté de ma maison.

20 juillet 2014

Carnet / Présent au monde... D’accord, mais en touriste.

En ce moment, je me surprends à aimer prendre le métro lyonnais dans les arrondissements du centre. J’apprécie toujours de retrouver ma campagne, essentiellement ma maison au milieu des frênes, parce que j’ai absolument besoin d’avoir beaucoup de place autour de moi (je suis un animal à territoire) mais le mouvement et la diversité humaine des transports en commun me stressent beaucoup moins qu’avant. L’autre fois, j’ai repris « la Ficelle » (le funiculaire) pour monter à Fourvière.

tram,lisbonne,tramway,vaporetto,métro,lyon,rome,venise,spritz,apéritif,prosecco,aperol,campari,eau gazeuse,voyage,tourisme,touriste,sardaigne,vins de sardaigne,soleil levant,restaurant japonais,domo de jana,comptoir de sardaigne,blog littéraire de christian cottet-emard,littérature,carnet,note,écriture de soi,prairie journal,spleen,christian cottet-emard,lyon,rhône,rhône alpes,ficelle,funiculaire

Dans un eléctrico de Lisbonne

Je crois qu’une façon de tenter de m’évader du puits de spleen où je suis tombé depuis une dizaine de mois serait de remonter dans les tramways de Lisbonne, les vaporettis de Venise et pourquoi pas dans le métro romain pour me laisser bercer en parfait touriste déconnecté de toute actualité mondiale et locale, prêtant une oreille distraite à la musique de langues dont je ne connais que quelques mots, suffisamment peu en tous cas pour avoir la joie de ne rien capter d’autre des conversations du quotidien qu’une vague musique. Être là sans y être, présent au monde mais pas impliqué, telle est pour moi la recette, sinon du bonheur, au moins du bien-être.

tram,lisbonne,tramway,vaporetto,métro,lyon,rome,venise,spritz,apéritif,prosecco,aperol,campari,eau gazeuse,voyage,tourisme,touriste,sardaigne,vins de sardaigne,soleil levant,restaurant japonais,domo de jana,comptoir de sardaigne,blog littéraire de christian cottet-emard,littérature,carnet,note,écriture de soi,prairie journal,spleen,christian cottet-emard,lyon,rhône,rhône alpes,ficelle,funiculaire

La vie vaut d'être vécue... En touriste.

Après le dîner au Soleil levant (excellent restaurant de spécialités japonaises, rue Garibaldi) retour tardif de Lyon vendredi pour la promenade et le shopping. Je m’y approvisionne aussi en vins de Sardaigne que je ne trouve que là-bas, dans un comptoir Sarde du septième arrondissement. J’ai découvert ces vins lors de plusieurs séjours de vacances. Le terrible manque d’ensoleillement de ce premier semestre et cet été pourri me laissent nostalgique de ces voyages lumineux dans la grande île italienne.

Dubaï ? Non merci !

À propos de voyage et de vacances, je reçois une publicité pour un circuit de neuf jours à Dubaï et Abu Dhabi. Malgré le prix avantageux, je ne risque pas d’y mettre les pieds. Comment peut-on avoir envie d’aller faire du tourisme dans des pays où un flic vient vous rappeler à l’ordre si vous serrez d’un peu trop près votre chérie dans la rue ?

tram,lisbonne,tramway,vaporetto,métro,lyon,rome,venise,spritz,apéritif,prosecco,aperol,campari,eau gazeuse,voyage,tourisme,touriste,sardaigne,vins de sardaigne,soleil levant,restaurant japonais,domo de jana,comptoir de sardaigne,blog littéraire de christian cottet-emard,littérature,carnet,note,écriture de soi,prairie journal,spleen,christian cottet-emard,lyon,rhône,rhône alpes,ficelle,funiculaireUn bon Spritz

Envie de boire du Spritz, l’apéritif vénitien (trois volumes de Prosecco, deux volumes d’Aperol et un trait d’eau gazeuse). Tous les ingrédients à la maison, ce qui tombe bien car le moral a vraiment besoin de couleur, d’effervescence de légèreté et d’élégance après ces longues et vulgaires semaines de répugnante hystérie sportive franchouillarde.